De l’Académie berbère – Agraw Imazighen – au Printemps berbère – Tafsut Imazighen

Chaque mois d’avril ravive très fortement la mémoire d’un peuple qui n’a jamais cessé de lutter. Le Printemps berbère de 1980 et le Printemps noir de 2001 ne sont pas de simples dates : ils incarnent le refus de l’effacement et la résistance face à l’injustice et à l’oppression.

Depuis près de deux siècles, les Amazighs continuent de résister à leur effacement face à des forces puissantes. D’abord durant les colonisations européennes, qui ont profondément entamé la destruction de leur culture. Ensuite, ils ont dû affronter des États post‑indépendance niant leur existence, les présentant comme une création coloniale et imposant une identité unique, arabo‑islamique, au détriment de leur langue, de leur culture et de leur histoire.
Face à cette négation, et bien qu’affaiblis par leurs sacrifices dans la lutte contre le colonialisme, des femmes et des hommes se sont levés. Peu nombreux, mais déterminés, ils ont refusé la mort annoncée de leur identité et de leur culture.
En 1966, à Paris, ils fondent l’Académie berbère, Agraw Imazighen.
Ce nom, à lui seul, est un acte de défi : affirmer que les Amazighs ont une histoire, un passé, une mémoire, une culture, une langue, une civilisation – déconstruisant ainsi les récits anti‑berbères portés à la fois par les idéologies colonialistes et par les États d’Afrique du Nord.
Pendant une décennie, malgré la répression, l’Académie berbère a réveillé les consciences. Elle a redonné fierté à un peuple qu’on voulait invisibiliser et a semé les graines d’une renaissance identitaire et culturelle.
Au printemps 1980, un an après la dissolution forcée de l’Academie berbère par les autorités françaises, la Kabylie se soulève.

L’interdiction d’une conférence de Mouloud Mammeri devient l’étincelle d’un mouvement profond. Ce n’est plus seulement une revendication culturelle : c’est un cri pour la dignité, pour la reconnaissance, pour l’existence. C’est le Printemps berbère.

Cette histoire, courte mais décisive, de l’Académie berbère sera au cœur de la présentation d’Alessia Colonnelli qui nous parlera du contexte de sa création, de ses actions, des écueils rencontrés, de ses responsables, des conflits survenus, et des raisons de sa dissolution.