Lounès MATOUB
ANZA* ardent de nos espoirs
« … Taluft-nneɣ d acewwiq
«… Notre cause est un chant lyrique
Tettarra d uḥdiq
Capable d’attendrir
Bnadem ur nesɛi tasa … »
Le plus insensible des humains … »
Comme les tatouages sur les corps de nos mères ou les gravures rupestres du Tassili, l’œuvre de Lounès MATOUB est une fresque vivante où l’on peut lire le destin d’un homme intimement lié à celui des siens.
Né le 24 janvier 1956 à Taourirt Moussa, en Kabylie, son enfance restera marquée par la guerre de libération algérienne et les événements de 1963, dit du F.F.S, qui secouent toute la Kabylie, avec encore des morts, des veuves et des orphelins. Ce sont deux événements qui vont nourrir ses premières inspirations poétiques pour ses premières œuvres.
A 19 ans, il est appelé sous les drapeaux, de 1975 à 1977, et il sera violemment confronté à l’injustice du déni identitaire et culturel en tant qu’Amaziɣ.
Doué d’un génie d’écriture poétique et de composition musicale inouïs, il transforme chaque révolte, chaque indignation et chaque sensibilité en chansons. Son engagement était total et entier. Il se battait corps et âme contre le pouvoir en place et son pendant naturel, l’islamisme, jusqu’au péril de sa vie ;
Jamais la Kabylie, voire toute Tamazɣa, n’a été aussi bouleversée, aussi endeuillée qu’à la mort de Lounès MATOUB. Lors de ses funérailles, une déferlante humaine s’est mobilisée pour lui rendre un dernier hommage.
En plus de la reconnaissance des siens, plusieurs distinctions lui ont été décernées :
Si de son vivant, et à travers 28 albums, Lounès MATOUB donnait sa voix aux siens et les portait. Aujourd’hui, il demeure celui qui incarne la lutte pour les revendications identitaires, pour le respect de la dignité humaine, notamment l’égalité hommes-femmes, et pour les libertés fondamentales. Son nom et son héritage appartiennent désormais au patrimoine universel de l’humanité.
Les jeunes d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, continuent de le porter comme un étendard, ils le chantent comme un hymne d’amour, de combat et d’espérance.
* : Dans la tradition kabyle, ce sont les gémissements d’un mort qu’on entend au lieu exact où il est assassiné à chaque anniversaire de sa mort, aussi longtemps que justice n’est pas rendue.